Patchbay : connecter Claude à Figma sans limite d'appels, en local
Les assistants IA savent travailler dans Figma, mais le MCP officiel plafonne les appels et les ponts gratuits demandent des manipulations techniques. Patchbay permet de connecter Claude à Figma en local, sans limite d'appels, avec une seule ligne d'installation. Le connecteur est publié depuis le 13 octobre 2026.

Le problème : la limite de 200 appels du MCP officiel

Patchbay s'adresse aux designers et aux développeurs qui travaillent avec un assistant IA dans Figma : Claude Desktop, Claude Code ou un autre client MCP.
Deux chemins existaient, chacun avec sa limite :
- Le connecteur officiel passe par le cloud et plafonne les appels : 200 par jour sur un siège Pro, et les lectures comme les captures sont comptées.
- Les ponts gratuits demandent de lancer un serveur à la main, de copier un identifiant de canal et de modifier des fichiers de configuration.
La promesse tient en deux phrases, écrites dès le brief : « Tu installes une fois. Tu cliques Connecter. » Rien ne passe par internet, et il n'y a aucun quota.
Le cadrage : un brief avant la première maquette

Tout a commencé par un brief produit : le problème, la promesse, ce qui distingue Patchbay, le parcours d'un nouvel utilisateur en six étapes, la liste des écrans et les limites à dire honnêtement.
Ce qui le distingue :
- une connexion automatique, sans identifiant à copier ;
- une ligne d'installation copiée depuis le plugin ;
- des captures jusqu'à 4x et l'export d'une animation image par image ;
- trois modes : Lecture seule, Demander, Libre ;
- un journal d'activité écrit en clair.
Les limites, elles, sont dites dès le départ : un plugin à la fois par fichier, pas de démarrage automatique, Figma doit rester ouvert.
Trois décisions ont cadré le projet :
- Abandonner le premier prototype. Il demandait de lancer un serveur et un client en ligne de commande. Le connecteur est désormais lancé par l'assistant lui-même.
- Un nom sans marque. Une patchbay est le panneau de branchement d'un studio son. Le nom dit ce que fait l'outil, sans emprunter les marques Figma ou Claude.
- Zéro dépendance. Le connecteur tient dans un paquet de 8,6 Ko et ne demande que Node 18.
Direction artistique : un état, une couleur, un câble

Les 17 écrans du plugin ont été dessinés dans Figma avant d'être codés : bienvenue, choix de l'assistant, installation, attente, connexion, confirmation, journal, réglages, erreurs, pause et barre réduite.
La direction artistique reprend des principes déjà éprouvés : un fond blanc, la couleur réservée à des cartes en dégradé avec un effet de verre, la police Inter et des pilules noires pour ce qui est actif.
Chaque état a sa couleur :
- Connecté en Lagon, du cyan au bleu ;
- Attente en Brume ;
- Confirmation en Aurore ;
- Erreur en Corail ;
- Pause en Améthyste.
La carte d'état raconte l'état avec un câble entre deux prises : branché quand tout va bien, en pointillés pendant l'attente, coupé avec des étincelles en cas d'erreur, pendant en pause, entouré d'ondes quand l'assistant demande une confirmation.
Deux décisions de design ont suivi les premiers tests. La liste « Dernières actions » a quitté l'écran Connecté au profit d'un bouton « Voir le journal ». Et le mode Libre est devenu le mode par défaut.
Architecture : un connecteur MCP local et un plugin Figma

Patchbay tient en trois blocs :
- l'assistant, qui parle au connecteur avec le protocole MCP ;
- le connecteur, en Node, qui ouvre un pont HTTP sur la machine (127.0.0.1, port 3057) ;
- le plugin Figma, qui vient chercher les commandes sur ce pont, les exécute avec l'API de Figma et renvoie le résultat, images comprises.
L'assistant dispose de quatre outils : connaître l'état de la connexion, lire le document, prendre une capture et exécuter un script.
Pourquoi ces choix :
- Le plugin vient chercher les commandes. Il vit dans Figma et ne peut pas recevoir de connexion entrante. Il interroge donc le pont en continu, avec des requêtes qui attendent jusqu'à 25 secondes.
- Deux assistants à la fois. Si un second connecteur trouve le port déjà pris, il passe en relais au lieu d'échouer.
- Un seul fichier pour l'interface. Le plugin n'a besoin d'aucun outil de construction.
- Tout s'annule. Chaque modification de l'assistant s'annule d'un seul Ctrl+Z, et le plugin signale un script qui modifie la page sans l'avoir déclaré.
L'ensemble reste court : 333 lignes pour le connecteur, 137 pour le plugin, 668 pour l'interface.
Travailler avec Claude Code : du brief au code

Le code a été écrit par Claude Code, sous ma direction, dans un ordre fixe : le brief, puis les maquettes validées, puis le code, fidèle aux 17 écrans lus un par un dans Figma.
Quelques règles de travail ont encadré l'ensemble : Figma d'abord, une archive avant de modifier une maquette validée, aucune maquette qui en chevauche une autre, et chaque appel à Figma compté.
Le code, les tests et la publication ont tenu en une après-midi, le 13 octobre.
Il n'y a pas de suite de tests automatisés : un client MCP simulé et une recette dans le vrai Figma. Elle couvrait la connexion, le port occupé, la lecture, la capture, la création, l'export, le script en erreur, plusieurs fichiers, la reconnexion, le journal, la confirmation acceptée puis refusée, la pause, la barre réduite et l'anglais.
Le partage des rôles est resté net. Je décidais : le mode par défaut, l'abandon du prototype, la place des logos dans les visuels. Et je faisais moi-même les actions de compte, comme la publication sur npm et la soumission à la Figma Community. Claude Code produisait le code, les visuels, la documentation et la procédure, sans rien publier sans mon accord.
Les décisions difficiles

Un mode par fichier, ou un mode commun. En test, passer en mode Demander ne s'appliquait qu'à un fichier. Le choix : un mode commun à tous les fichiers, Libre par défaut.
La reconnexion lente en arrière-plan. En usage normal, une commande fait l'aller-retour en quelques millisecondes. Mais juste après un redémarrage du connecteur, avec l'onglet de Figma caché, la reconnexion pouvait prendre de 30 à 70 secondes. La cause probable, des minuteries ralenties par le navigateur, n'est pas confirmée. La décision : avancer, et écrire la limite dans la documentation.
Faire comprendre le lien. Dans les premiers visuels, on ne comprenait pas que Patchbay relie Claude à Figma. Un schéma de branchement avec les deux logos a réglé la question, avec une variante sans logo prête au besoin.
Des modes fondés sur la parole de l'assistant. C'est l'assistant qui déclare si un script modifie le fichier. Pour limiter le risque, le plugin surveille la page, et la documentation conseille le mode Demander pour les fichiers importants.
Les détails de publication. Des fins de ligne Unix, sans quoi l'installation casse sur Mac et Linux. Seul le produit est publié, jamais les notes internes. Une icône refaite sur fond transparent. Des visuels repassés au format demandé par Figma.
Résultat et suite

Le 13 octobre 2026, Patchbay est sorti en trois temps : le code sur GitHub sous licence MIT, le connecteur sur npm en version 0.1.0, et le plugin soumis à la Figma Community, où il est en relecture.
Les limites sont écrites noir sur blanc :
- testé seulement sur Windows, avec l'application de bureau de Figma ;
- un plugin à la fois par fichier ;
- deux fichiers du même nom ne se distinguent pas ;
- une reconnexion qui peut prendre jusqu'à une minute après un redémarrage du connecteur.
La suite : tester sur Mac et dans Figma en navigateur, et lancer l'essai déjà prêt pour corriger la reconnexion.


